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Décès de la professeure honoraire Réjane Blary


Décès de la professeure honoraire Réjane Blary

Réjane Blary (19282026)

Réjane Blary, professeure titulaire honoraire de l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage, est décédée le 22 janvier dernier. Elle était la dernière survivante du groupe initial de professeurs ayant œuvré à la mise sur pied de l’Institut d’urbanisme à l’Université de Montréal et au développement d’une formation professionnelle en urbanisme spécifique au Québec. Originaire de la région des Hauts-de-France, juriste de formation, détentrice d’un doctorat en droit de l’Université de Paris, elle est recrutée à l’Institut d’urbanisme en 1963, soit à peine deux ans après sa création.

La mission alors assignée à l’Institut comporte deux volets. Le premier a trait au développement d’une formation spécifique et autonome en urbanisme. Le défi est complexe. L’urbanisme n’est pas une discipline de plein titre, mais un champ professionnel recouvrant une diversité de pratiques, au confluent d’apports disciplinaires divers tels l’architecture, le génie, le droit ou la géographie, et prenant appui sur des référents multiples et ciblant une configuration d’objets s’élargissant pour inclure les enjeux d’environnement, de participation publique, de conservation du patrimoine bâti. Réjane Blary contribuera de façon importante à l’adaptation à ces enjeux et problématiques du programme de deuxième cycle en urbanisme, le programme central alors. Puis, elle sera une actrice clé dans la création d’un programme de premier cycle en urbanisme qui verra le jour en 1978.

Le second volet porte sur le développement de recherches sur les problématiques et outils de l’urbanisme. Là encore, le défi était complexe. D’un côté, il s’agissait d’outiller les futurs diplômés pour faire face aux exigences d’une pratique professionnelle de terrain, dans le contexte de l’adoption d’une série de nouvelles lois la régissant (Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, Loi sur la protection du territoire agricole, Loi sur l’environnement), mais de l’autre de développer des recherches répondant aux exigences académiques usuelles liées à la consolidation et l’évolution d’une discipline tout comme à une carrière en milieu universitaire des professeurs. La conciliation de ces deux exigences est restée, jusqu’à aujourd’hui même, un problème endémique.

Les travaux de recherche de Réjane Blary donneront lieu à des publications marquantes, dans un secteur où elles étaient alors peu nombreuses. Signalons entre autres : Le zonage : un mort en sursis, publié en 1974 sous son nom d’épouse, Réjane Charles, Habitat. Du discours aux pratiques, publié en 1997, de même que de nombreux articles et ouvrages individuels ou collectifs sur les services urbains dans les quartiers précaires des pays en voie de développement, des publications traversées de préoccupations récurrentes, soit l’adoption d’une perspective ouverte, le souci de prendre en compte l’ensemble des intervenants du système, la volonté de développer un secteur administratif fort.

Fortement engagée, déterminée, exigeante et rigoureuse, elle s’est impliquée à fond dans la vie institutionnelle. Elle fut vice-doyenne aux études de la Faculté de l’aménagement de 1977 à 1984, membre de l’Assemblée universitaire et de certains de ses comités pendant plusieurs années, enfin présidente du Comité « Femmes » du Syndicat général des professeurs et professeures de l’UdeM.

Elle prendra sa retraite en 1996. Au terme d’une carrière de 33 ans, Réjane Blary aura été au cœur de la formation d’un grand nombre d’aménagistes et d’urbanistes, du Québec et d’ailleurs, ainsi qu’un rouage influent et une collègue des plus appréciée de l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage.

 

Michel Gariépy, professeur émérite